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Numérique responsable : réduire l'empreinte de ses écrans (sans se tromper de combat)

Le numérique n'est pas « immatériel » : il pèse sur l'environnement, surtout par la fabrication de nos appareils. Bonne nouvelle : le geste le plus efficace est aussi le plus économique. Le point sur les vrais leviers — et les fausses bonnes idées — d'après l'ADEME.

Par Équipe MayDigit3 min de lecture

On l'oublie souvent : le numérique n'a rien d'« immatériel ». Écrans, box, centres de données, réseaux… tout cela a un coût environnemental réel. Mais pour agir utilement, encore faut-il viser le bon levier. Voici ce que disent les chiffres officiels de l'ADEME et de l'ARCEP.

Ce que pèse le numérique (des estimations)#

En 2022, le numérique représentait 4,4 % de l'empreinte carbone de la France, soit 29,5 millions de tonnes équivalent CO₂ — selon l'étude conjointe ADEME-ARCEP.

Le poste qui pèse le plus : la fabrication#

Contre-intuitivement, l'essentiel de l'impact ne vient pas de l'électricité consommée quand on utilise ses appareils, mais de leur fabrication. Les terminaux (téléviseurs, ordinateurs, smartphones, box, objets connectés) représentent à eux seuls environ la moitié de l'empreinte du numérique en France, devant les centres de données (~46 %) et les réseaux (~4 %).

Fabriquer un smartphone mobilise métaux rares, énergie et eau, souvent à l'autre bout du monde. C'est l'impact « déjà payé » : au moment où vous déballez un appareil neuf, l'essentiel de son empreinte a déjà été généré.

Le geste numéro un : faire durer ses appareils#

Puisque l'impact est surtout à la fabrication, le geste le plus efficace — celui que l'ADEME met en tête — c'est d'allonger la durée de vie de ses équipements : les garder plus longtemps, les réparer, et acheter reconditionné plutôt que neuf.

Les autres bons gestes… et les fausses bonnes idées#

Côté usages, l'ADEME recommande :

  • Privilégier le Wi-Fi / la fibre plutôt que la 4G/5G : les données y ont environ 10 fois moins d'impact ;
  • Adapter la qualité vidéo : la HD est inutile sur un petit écran ;
  • Éteindre vraiment les appareils inutilisés (pas juste en veille).

⚠️ La fausse bonne idée : le « nettoyage des e-mails ». Supprimer ses vieux courriels est utile, mais marginal face à la fabrication des appareils. En faire le geste écolo numéro un détourne du vrai levier : fabriquer et renouveler moins d'appareils.

Réparer, recycler : les repères officiels#

  • L'indice de durabilité (note sur 10, qui remplace progressivement l'indice de réparabilité depuis 2025) est affiché en rayon : privilégiez les produits les mieux notés.
  • Le bonus réparation réduit le coût d'une réparation chez un réparateur labellisé QualiRépar (montant déduit de la facture).
  • Les DEEE (déchets d'équipements électriques) ne se jettent jamais avec les ordures : à l'achat d'un neuf, le vendeur reprend gratuitement l'ancien (1 pour 1) ; les grandes surfaces reprennent les petits appareils sans obligation d'achat.

Sources#

Chiffres vérifiés en juillet 2026 (ADEME-ARCEP, données 2022). Ce sont des estimations, régulièrement réévaluées.

Questions fréquentes

Trier ses e-mails, est-ce vraiment écolo ?

C'est un geste utile mais très secondaire. L'ADEME classe le nettoyage de la boîte mail parmi les mesures mineures : son impact réel est marginal comparé à celui de la fabrication des appareils. En faire « le » geste numéro un est trompeur : le vrai levier, c'est de garder ses appareils plus longtemps.

Un téléphone reconditionné, ça vaut le coup ?

Oui, pour la planète et le porte-monnaie. Selon l'ADEME, un smartphone reconditionné est en moyenne jusqu'à 8 fois moins impactant qu'un neuf (environ 87 % de gaz à effet de serre en moins) et coûte jusqu'à 75 % moins cher.

#numérique responsable#sobriété numérique#environnement#reconditionné
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