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Faux conseiller, faux virement, faux support : déjouer les arnaques financières

Un « conseiller bancaire » qui appelle avec le vrai numéro de votre agence, un « fournisseur » qui change son RIB, un écran qui bloque votre ordinateur : trois arnaques redoutables qui visent votre argent. Voici comment les reconnaître, et quoi faire si vous êtes piégé.

Par Équipe MayDigit4 min de lecture

La plupart des arnaques financières ne s'attaquent pas à la technique, mais à la psychologie : elles créent l'urgence, invoquent une autorité de confiance (votre banque, votre direction, « Microsoft ») et vous poussent à agir sans réfléchir. Trois scénarios reviennent sans cesse — apprenez à les repérer.

1. Le faux conseiller bancaire (spoofing)#

Une technique fréquente : un escroc vous appelle en affichant sur votre téléphone le vrai numéro de votre agence (le spoofing, ou usurpation de numéro). Il connaît souvent votre nom, votre adresse, parfois vos coordonnées de carte — d'où sa crédibilité. Il prétend qu'une opération suspecte a été détectée et vous demande, pour « sécuriser » votre compte, de valider une opération, d'ajouter un bénéficiaire ou de communiquer un code reçu par SMS.

2. Fraude au président, faux fournisseur, changement de RIB#

Ces faux ordres de virement (FOVI) visent les entreprises, mais aussi les associations, collectivités et établissements publics :

  • arnaque au président — un faux dirigeant demande à la comptabilité un virement urgent et confidentiel ;
  • faux fournisseur / changement de RIB — l'escroc usurpe un fournisseur connu et communique de nouvelles coordonnées bancaires pour détourner un paiement.

Les fraudeurs se renseignent longuement et frappent souvent pendant les congés. Les parades officielles :

  • une procédure écrite de double validation des virements imprévus ;
  • pour tout changement de RIB, rappeler le fournisseur sur un numéro connu et vérifié (jamais celui du nouveau document) ;
  • ne jamais agir dans la précipitation malgré l'insistance.

3. Le faux support technique#

Un message d'alerte anxiogène apparaît et semble bloquer votre ordinateur (« virus », « problème grave »), avec un numéro à appeler. Les escrocs se font passer pour Microsoft ou Apple. Si vous appelez, un faux technicien vous fait donner l'accès à distance puis réclame un paiement — voire vide vos comptes sous prétexte de les « sécuriser ».

Aucun support légitime ne vous contacte à la suite d'une alerte. Les bons gestes : ne pas appeler le numéro, ne pas donner l'accès, redémarrer l'ordinateur (ou quitter le plein écran avec Échap/F11). Si vous avez donné un accès : désinstallez le logiciel de prise en main, changez vos mots de passe, faites analyser la machine, et faites opposition si vous avez payé.

Si vous êtes victime : les bons gestes, dans l'ordre#

La rapidité conditionne vos chances de récupérer les fonds.

  1. Faites opposition immédiatement et demandez le rappel du virement s'il n'est pas exécuté.
  2. Conservez les preuves (numéros, SMS, courriels, captures).
  3. Changez vos mots de passe (banque en ligne et comptes concernés).
  4. Pour une fraude à la carte bancaire, signalez via Perceval (gratuit, via FranceConnect) — après avoir fait opposition. ⚠️ Perceval ne remplace pas une plainte.
  5. Déposez plainte (police ou gendarmerie), surtout en cas de carte perdue/volée.
  6. Faites-vous aider sur 17Cyber (gratuit, 24h/24).

Sources#

Informations vérifiées en juillet 2026. En cas de doute ou d'incident : 17Cyber (17cyber.gouv.fr).

Questions fréquentes

Mon conseiller bancaire peut-il me demander un code reçu par SMS ?

Jamais. Une banque ne vous demandera jamais votre mot de passe, un code de confirmation reçu par SMS, le code secret de votre carte ou le cryptogramme au dos, ni de valider une opération que vous n'avez pas initiée. Si on vous le demande, c'est une arnaque : raccrochez et rappelez votre banque via le numéro au dos de votre carte.

Ma banque doit-elle me rembourser en cas de fraude ?

Pour une opération non autorisée, la banque doit en principe rembourser les sommes débitées, au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant votre contestation (à faire dans les 13 mois). Elle peut refuser en cas de négligence grave. Bon à savoir : en octobre 2024, la Cour de cassation a jugé qu'une victime de spoofing (numéro de la banque usurpé) ne commet pas de négligence grave — mais chaque cas s'apprécie individuellement.

#arnaques#fraude bancaire#spoofing#cybersécurité
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